« Rue89 » est un site d’information indépendant, créé notamment par d’anciens journalistes de Libération. Contrairement à DSS, il s’agit un site qui se base de manière centrale sur la participation des utilisateurs : il s’agit, selon ses concepteurs, d’ « un endroit où l’on discute, où l’on se rencontre, où l’on prend l’air ». Le but est vraiment la confrontation d’idées, dans l’idéal d’intelligence collective (sagesse des foules) et le rêve est d’en être un jour le point incontournable sur Internet.
« Rue89 » se base sur la théorie des trois cercles, c’est-à-dire le travail en commun :
- de la rédaction, composée de professionnels des médias, qui organise le site et crée une partie de son contenu ;
- d’un cercle de spécialistes, qui font la lumière sur certaines questions d’actu ;
- des internautes, qui ont la possibilité de commenter, de soumettre des articles, des liens ou des images de manière bénévole.
Les articles et les commentaires proposés par les internautes sont sélectionnés par la rédaction en fonction de leur pertinence et de leur qualité.
La notion de feedback est très importante pour « Rue89 », qui propose de nombreux sondages (« les articles les mieux notés ») pour tel ou tel sujet.
Voici une vidéo expliquant la manière de travailler de “Rue 89″:
Le nombre de services offerts par « Rue89 » est très important : une partie de ceux-ci sont comparables à ceux offerts par DSS :
- rubriques d’informations, avec possibilité de réagir par des commentaires : monde, politique, société, économie…
- dossiers d’actualité
- nouvelles brèves de dernière minute
- inscription à la newsletter du site ou aux flux RSS
- liste de liens vers d’autres sites d’information
- rubrique vidéos
- liens vers Newsmap
Il existe également un certain nombre de services supplémentaires que ne propose pas DSS :
- contenu rédactionnel propre au site et plus développé ; caricatures propres
- création d’un compte personnel permettant de commenter, de noter et d’avoir un espace à soi sur le site, regroupant ses rubriques préférées, des articles, etc.
- blogs « Rue89 », avec des chroniqueurs sélectionnés par la rédaction, sur des thèmes très variés (des témoignages de députés à la bande dessinée)
- service de « tchat » avec possibilité de participer à la conférence de rédaction
- univers Netvibes « Rue89 »
- boutique à l’effigie de « Rue 89 »
- retours sur d’anciennes actualités
- etc.
On le voit, « Rue89 » vise ailleurs que DSS. Plus haut déjà, puisque l’équipe de rédaction est plus importante et que l’offre du site est donc plus développée, mais en plus ce site ne possède pas du tout la même façon de voir la relation avec l’internaute. Pour les créateurs de DSS, celui-ci n’est pas censé mettre son grain de sel, leur prétention n’est pas d’entretenir le débat, juste d’offrir la possibilité de se tenir informé en ayant accès aux meilleures sources, avec des angles de vue différents. « Rue89 », au contraire, se base en grande partie sur la collaboration avec et entre les utilisateurs. La liberté offerte n’est pas totale mais contrôlée, dans le but de créer un débat constructif, où tous ceux qui ont quelque chose d’intéressant à dire puissent le faire. En ce sens, « Rue89 » se trouve beaucoup plus dans l’axe du Web 2.0 participatif.
DSS n’est qu’un site par agrégation, qui ne produit quasiment pas de contenu original, plutôt comme une revue de presse, contrairement à « Rue89 », qui agit vraiment comme un journal en ligne.
Ce qu’offre DSS et qui fait défaut à « Rue89 », c’est la nouveauté de ton. Ce dernier reste dans un style très classique, relativement froid et objectif, proposant des informations très factuelles. DSS, au contraire, propose un angle de vue qui se démarque vraiment du journalisme traditionnel pour créer un nouveau genre.
Au niveau du modèle économique, les deux sites sont comparables : les services offerts sont gratuits, et de la place est laissée sur le site pour de la publicité, afin de couvrir les frais de maintien et payer les membres rédactionnels. « Rue89 » propose en plus une boutique en ligne de produits à son effigie.
Dans la lignée de « Rue89 », « Le Post » se base aussi sur une participation active des internautes. Il s’agit d’un site d’information, édité par « Le Monde Interactif », qui propose un certain contenu assuré par une équipe de rédaction, mais laisse également une grande place aux utilisateurs.
Le site est constitué de « posts », c’est-à-dire de blocs d’information, en texte ou en images. Pour créer un post, il faut avoir un compte, que l’on peut créer gratuitement en s’inscrivant. Le compte donne également, comme pour « Rue89 », l’accès à un espace personnalisé qui permet de stocker les articles déjà proposés. A nouveau, l’implication des internautes est donc la principale différence structurelle avec DSS.
Comme pour “Rue89″, un certain nombre de services proposés coïncide avec le site de Rozynès et Demasure : pour chaque sujet, les internautes ont la possibilité de publier des commentaires. Par contre, le classement des posts ne se fait pas par rubriques, mais par ordre chronologique (les plus récents en premier), ainsi que par système de tags (folksonomie), qui permet un classement plus pointu.
Les sujets sont très variés, car laissés au libre choix des internautes.
Autres points communs, la rubrique vidéo, la rubrique « zapping », l’abonnement au flux RSS du site, la rubrique météo ou les programmes TV.
Par contre, et à nouveau en lien avec la participation du public, « Le Post » propose certains services supplémentaires : quelques catégories « zoom », sur le buzz du jour, l’essentiel de l’actualité, les posts repérés par la rédaction du site, mais aussi une catégorie sur l’actualité régionale d’une douzaine de villes de France.
Le buzz du jour
Les villes qui font l’actu
Les internautes ont également la possibilité, comme avec « Rue89 », de participer à différents sondages courts sur tel ou tel sujet.
La principale caractéristique du site est l’importance accordée aux membres, répertoriés par ordre alphabétique dans une rubrique spéciale. Les posteurs qui ont une passion spécifique et sont repérés par la rédaction peuvent être élevés au rang d’ « invités », et bénéficier d’un statut supérieur dans le site. Un « top » des membres les plus consultés est aussi mis en place. Enfin, les membres possédant les mêmes points de vue peuvent se réunir par groupes et publier des articles au nom de ceux-ci.
On le voit donc, comme pour « Rue89 », la principale différence avec DSS est la place accordée aux opinions personnelles des visiteurs. Par contre, le ton utilisé est à nouveau ici très consensuel, et laisse peu de place à un angle de vue différent. D’ailleurs, il est assez difficile de discerner un angle de vue précis, étant donné que tous les utilisateurs ne partagent pas la même conception du monde. Le site propose une charte d’utilisation et des mentions légales très précises, mais cela ne suffit pas à apporter une cohérence parfaite.
En conclusion, on peut dire qu’il existe sur la toile des sites nettement plus caractéristiques du Web 2.0 que DSS, surtout au niveau de la participation des visiteurs, des sites qui sont par conséquent aussi beaucoup plus actifs, mais cela n’empêche pas de constater que DSS propose un média tout aussi évolutif, d’un genre nouveau, mais qui ne se bat pas exactement sur le même niveau.


